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Academie Delphinale

                                 
Fondée en 1772, autorisée par lettres patentes en mars 1789, l’Académie delphinale a été reconnue d’utilité publique par décret du 15 février 1898. Elle a pour but d’encourager les arts, l’histoire, les lettres, les sciences et techniques, la conservation du patrimoine et toutes études intéressant les départements de l’Isère, de la Drôme et des Hautes Alpes qui constituent l’ancienne province du Dauphiné.
                                

Siège social et adresse :
Archives départementales de l’Isère, 2 rue Auguste Prudhomme, 38000 GRENOBLE
Président en exercice : Jacques DEBELMAS
Vice Président : Jacques BOUCHARLAT
Chancelier : Hélène VIALLET
Secrétaire perpétuel : Yves ARMAND
Bibliothécaire-archiviste : Marie-Françoise BOIS-DELATTE
Bibliothécaire-adjointe  Archiviste : Nicole VATIN-PERIGNON - Correspondante CNA
Trésorier : Pierre BURGUBURU
Trésorière adjointe : Chistiane MURE-RAVAUD
Secrétariat : Evelyne DE ROSA
Courriel : evelynederosa@free.fr 
Tél. 06 10 92 98 59

Actualités

  • Conférences mensuelles de 2016

 

-  Séance du samedi 24 septembre 2016, à 14 h 30, aux Archives de l’Isère
Madame Claire Schlenker : La recherche en physique à Grenoble (1940-2010).
. Monsieur Michel Mercier : Trois cents ans de présence des Frères des
Écoles chrétiennes à Grenoble (1708-2008) – 2ème  partie.

-  Séance du samedi 22 octobre 2016, à 14 h 30, aux Archives de l’Isère
Discours de réception de Maître Dominique Fleuriot : Bathélemy de Laffemas,
fondateur de l’école mercantiliste.
Réponse de M. Jacques Debelmas, Président de l’Académie Delphinale.

-  Séance du samedi 26 novembre 2016, à 14 h 30, aux Archives de l’Isère
Madame Nicole Vatin-Pérignon : La haute vallée de la Romanche et le
glissement de terrain du tunnel du Chambon en 2015.
. Monsieur Yves Jocteur-Montrozier : L’affaire Didier, mai 1816, Grenoble.
. Monsieur Michel Jolland : La fête de
l’agriculture du 10 Messidor, an VI, à Valence.


2) Vidéos de la journée d’études du 18 octobre 2013
 « Grenoble, Pôle des Sciences et Technologies de la Santé ».



Les vidéos

 

 


Le Dauphiné

Carte du Dauphiné par Jean de Beins , Bibl. mun. De Grenoble.

           Le nom même de Dauphiné n’apparaît qu’à la fin du XIIIe siècle, alors que la gestation de la principauté s’accomplit dès les premières décennies du XIe siècle, avec les sires de Vion, dans un espace profondément bouleversé depuis la fin de l’Antiquité et l’effacement de la Romania. Du Ve au Xe siècle, s’y succédèrent le royaume des Burgondes, puis avec l’affirmation décisive des initiatives septentrionales, celui des descendants de Clovis, et enfin des Carolingiens, à qui il revint de réunir l’héritage du passé romain et les acquis des temps nouveaux dans l’empire de Charlemagne. Le vaste ensemble « bourguignon » à valeur stratégique évidente dans cette perspective, constitue l’un des éléments de la Lotharingie, du Zuyderzee à l’Italie, définie lors du partage de 843, qui dessina les lignes de force du monde médiéval et moderne en création. Devenu royaume de Provence en 879 au profit de Boson, premier souverain étranger à la descendance carolingienne, puis à partir de Rodolphe II et de son fils Conrad,  royaume de Bourgogne, sous la protection et la tutelle impériale d’Otton le Grand, l’ensemble de la région devait bientôt connaître l’affermissement des pouvoirs locaux - ceux des châtelains -  à la faveur de l’éclipse de toute autorité royale unitaire dans des temps profondément troublés. Ainsi émergèrent dans la même période les Humbertiens  de Savoie et, avec Guigues de Vion et ses successeurs comtes d’Albon, les fondateurs du futur Dauphiné.  
            Les trois « races » des « Dauphins », ainsi désignés à partir du XIIe siècle, appartenant aux  Maisons d’Albon, de Bourgogne (1192-1282) et de La Tour du Pin, jusqu’en 1349,  se livrèrent au gré de circonstances favorables guettées avec avidité et une volonté acharnée d’affirmation, à l’œuvre de rassemblement d’un espace étendu depuis le Viennois de la vallée du Rhône jusqu’aux montagnes du Briançonnais en passant par le Grésivaudan. L’analyse des forces du prince, seules garantes de durée, montre cependant au milieu du XIIIe siècle la fragilité de cette construction, en dépit d’atouts évidents - indépendance de fait à l’égard de l’Empire suzerain, ampleur du territoire et surtout souci de gestion rigoureuse, dont témoignent les enquêtes sur lesquelles repose notre information. Mais avec une population deux fois inférieure à celle de la Savoie, une production agricole médiocre, des villes sans grande attractivité et où il fallait compter avec le pouvoir des évêques, un rôle stratégique de portier des Alpes certes, mais sans commune mesure avec celui des comtes de Savoie, maîtres des principaux passages vers l’Italie, le Dauphiné ne pouvait soutenir la comparaison avec la principauté voisine, sa rivale de toujours.        
            Humbert II, qui sut doter son domaine d’institutions solides, imposer avec force son autorité et, en une période d’épanouissement des principautés dans l’ensemble de l’Occident, confirmer son statut princier par toute une série de mesures de prestige – création précoce d’une université à Grenoble en 1339, croisade en Orient – dut accepter l’échec de ses ambitions et de ses rêves. Mais par le « Transport » de 1349 à la couronne de France, il parvint au prix de son sacrifice personnel, à sauver précisément son Dauphiné de toute fusion ou annexion à une principauté proche. Nanti d’un Statut protecteur, objet d’une union personnelle – « ne sera, ne puisse être uni le dit Dauphiné au royaume de France fort tant que l’Empire y serait uni », il allait devenir l’apanage prestigieux de l’héritier du trône. 
            La couronne sut recueillir l’héritage sans rupture et sans le figer : ce fut elle qui dota le Dauphiné de deux institutions majeures, qui devaient resurgir en pleine lumière au moment de la Révolution : les États, voulus par Charles V, le premier dauphin royal, et le Parlement, l’un des premiers parlements provinciaux, établi en 1453 par Louis II, le futur roi Louis XI, alors résidant en sa principauté, dont il fit le banc d’essai de l’ordre monarchique qu’il entendait mettre en œuvre. Dès ce moment, fruit du loyalisme constant des Dauphinois tout au long de la guerre de Cent Ans, se dessinait une province do France.
             Ce fut la période moderne qui acheva d’accomplir la mutation de la principauté en province par l’uniformisation qu’elle imposa : utilisation partout du français comme langue administrative (ordonnances de Villers-Cotterêts en1539, puis d’Abbeville en 1540), établissement au lendemain de la mort du grand gouverneur que fut ici Lesdiguières (1626), des élections dans le domaine de l’impôt et mise en sommeil des États qui n’avaient plus à le voter, réduction de l’autorité du Parlement par l’établissement de nouvelles juridictions, arrivée des intendants « rois présents en la province », telle fut l’évolution commune à l’ensemble du royaume.
            Cependant, force de la tradition créatrice d’identité,  demeurait une mémoire du temps et des conditions du Transport : en témoignent les événements dont la province fut le théâtre en 1789 au moment de la journée des Tuiles, en riposte à la décision royale de briser l’opposition parlementaire ;puis lors de l’Assemblée de Vizille, avec la demande de rétablir le parlement dans toutes ses prérogatives et la décision de réunir des États provinciaux, prélude à celle des États généraux, et lors de l’Assemblée, puis des États de Romans. Mais désormais la province elle-même, comme naguère la principauté, allait devenir un souvenir : les trois départements mis en place en 1790, Drôme, Hautes Alpes, Isère, consacrèrent, ici comme partout l’écroulement des structures anciennes et une organisation nouvelle.
            La période contemporaine, temps de la révolution de la « houille blanche » au siècle dernier, de « l’or blanc » aujourd’hui, et de l’explosion scientifique et  technique du pôle grenoblois, au cœur d’installations industrielles et de foyers de recherche de premier plan, est caractérisée, du point de vue de l’organisation de l’espace et de la définition des Régions, par des mutations plus radicales encore : éclaté, partagé entre  Rhône-Alpes et Provence-Alpes- Côte d’Azur (PACA), le Dauphiné ancien est un souvenir, mais aussi par les richesses patrimoniales les plus variées et les plus actuelles qu’il abrite, un vaste terrain offert à la découverte de nouveaux venus nombreux, attirés par  le dynamisme  du présent.

Le Dauphiné dans les  régions  Rhône-Alpes et PACA

Quelques références bibliographiques pour actualiser l’Histoire du Dauphiné, sous la direction de Bernard Bligny, Toulouse, 1973, mise au point essentielle à cette date de l’ensemble des recherches antérieures.

Chomel V. (dir.), Dauphiné-France. De la principauté indépendante à la province. (XIIe-XVIIe siècle).Grenoble, 2000.
Coulomb C., Les Pères de la patrie. La société parlementaire en Dauphiné au temps des Lumières,Grenoble, 2006.
Falque-Vert H., Les Hommes et la  montagne en Dauphiné au XIIIe siècle, Grenoble, 1997.
Id., Les Paysans et la terre en Dauphiné vers l’an Mil, Grenoble, 2004.
Gal S., Grenoble au temps de la Ligue. Étude politique, sociale et religieuse d’une cité en crise (vers 1562-vers 1598), Grenoble, 2000.
Grange D. (dir.), L’espace alpin et la modernité, Grenoble, 2002.
Hicky D., Le Dauphiné devant la monarchie absolue. Le procès des tailles et la perte des libertés provinciales (vers 1540- vers 1640), Grenoble, 1993.
Lemonde A., Le temps des libertés en Dauphiné. L’intégration d’une principauté à la Couronne de France (1349-1408), Grenoble, 2002.
Paravy P., De la Chrétienté médiévale à la Réforme en Dauphiné. Évêques, fidèles et déviants (verss 1340- vers 1530), 2 vol., Rome, 1993.
Paravy P. et Verdier R. (dir.), De la principauté à la province. Autour du 650e anniversaire du Transport du Dauphiné à la couronne de France, (CRHIPA), Grenoble, 2001.
Regards sur mille ans d’histoire du Dauphiné, Contributions recueillies par J. Debelmas et Y. Soulingeas, Académie Delphinale, Grenoble, 2001.
Soutif M. , Grenoble carrefour des sciences et de l’industrie, Grenoble, 2005  (Collection Les Patrimoines).

L'ensemble de ces travaux est intégré dans les contributions de la Nouvelle Histoire du Dauphiné, sous la dir. de R. Favier, Grenoble (ed. Glénat), Décembre 2007.